La proletarisation dans les societes informatiques
Par dgirard le dimanche, mars 15 2009, 00:13 - Lien permanent
J'ai beaucoup aimé la lecture de cet article. Je ne partage cependant pas la conclusion : dans certaine branche l'opensource et un des vecteurs de la prolétarisation, je pense en particulier au monde java. Il y a quelques années lorsque nous devions développer une application java nous devions tout faire : coder un struts, coder un spring, coder un hibernate, coder un maven... Ce n'était pas très productif pour nos clients mais par contre c'était très formateur pour nous ingénieurs.
Maintenant ce n'est plus le cas, les projets démarrent, les "architectes" assemblent deux trois frameworks et le tour est joué. La conséquence est moins réjouissante, ces "architectes" ne sont plus capables de coder un framework, tout juste sont-ils capables d'en comprendre le fonctionnement. Encore quelques années et je vais m'ennuyer ferme lorsque je reçois un candidat pour un entretiens d'embauche...
Update : Christian vient de répondre. Je vous rajoute le lien. Mon souhait n'est pas de rentrer dans une polémique. Ma position, dans une entreprise de 250 personnes, ne me permet pas d'avoir le même point de vue que lui qui travaille pour une entreprise de plusieurs dizaines de milliers d'individus. Alors oui Christian, c'est ce que je me dis chaque matin, c'est ce que je dis à tous mes ingénieurs : notre métier est l'un des plus difficiles, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos acquis , notre métier est en évolution permanente, nous devons nous remettre en cause en permanence... Ceci dit, l'opensource favorise une forme de prolétarisation des développeurs, tout comme les machines outils en leur temps.
La prolétarisation dans les sociétés informatiques
Update : Réponse à une objection sur “la prolétarisation dans les sociétés informatiques
Commentaires
Certes il y a quelques années les informaticiens (dont les architectes) codaient leur propre Struts, leur propre Spring mais maitrisaient-ils pour autant les enjeux de la génération de Bytecode Java ou l'exécution de ce bytecode sur les plate-formes cibles ?
Je pense que non, pour autant, et comme tu le dis dans ton article, ceux-ci paraissent moins prolétaires que les informaticiens (et architectes) d'aujourd'hui mais au fond quelle différence entre ces deux générations ?
Certes d'une part la boîte-noire automatisée sur laquelle ils se reposent s'est élargie (ils se sont donc prolétarisés en ce sens) mais d'autre part la boîte blanche dans laquelle ils progressent touche aujourd'hui des domaines fonctionnels et techniques plus vastes et au combien formateurs.
ll n'y a pas de polémique Didier, je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis puisque je rappelle que la prolétarisation est inscrite dans l'évolution des technologies (open source ou pas), c'est d'ailleurs contre çà que tu dois te battre au quotidien.
Il est sûr qu'avec la taille de l'entreprise, la capacité d'innover et de prendre des risques n'est pas la même : a 250 tu te dis que t'as pas le choix, à 80 000 tu te dis que tu as le temps de voir venir et que de toute façon cela les évolutions passeront par toi.
Je vois le marché d'un côté éditeur et j'ai bien peur que l'on va assister dans les années à venir d'une prolétarisation de tout le secteur IT. Si on regarde les sites web de base, on peut maintenant les faire faire pour très peu d'argent à l'étranger et le code est juste uploader. Nous sommes qu'au début de ce mécanisme économique qui va tôt ou tard mettre en compétition directe pour l'emploi un développeur Français avec le recrutement en Inde.
Cette prolétarisation que l'on voit n'est que le haut de l'iceberg qui va venir s'écraser d'ici les 5 prochaines années sur tout le secteur. Mon conseil est de changer de métier afin de faire un métier de proximité qui ne peut être concurrencé par la mondialisation.
Vlad,
Je pense que c'est pour cela qu'on ne peut se contenter de rester sur ses acquis : d'ailleurs ce constat à déjà été tiré par /\ndy Hunt, Dave thomas et autres Pragmatic Programmers dans leurs différents livres que ça soit Pragmatic Programmer: From Journeyman to Expert, My Job Went to India: 52 Ways to Save Your Job . Le modèle de Dreyfus qu'ils présentent donne pour moi une grille de lecture de ses compétences et de l'évolution qu'il faut leur donner pour rester pertinent.
[mode:autopromo]J'ai d'ailleurs écrit un article à ce sujet (http://www.ehsavoie.com/2009/02/le-...) et j'ai repris en français les conférences de Dave et /\ndy pour faire évoluer les esprits.
C'est dans cet esprit que nous avons monté le Coding Dojo à Grenoble (http://clubagile.org/evenements/cod...), afin de partager et de monter en compétences car apprendre seul dans son coin n'est pas des plus évident.
[/mode:autopromo].
Bonjour à tous, lecteur attentif de ce blog je me permet d'apporter ma modeste contribution à ce débat car j'ai réalisé mon mémoire de fin d'étude (un peu baclé - surtout au niveau technique - et plein de naïveté étudiante) sur un sujet similaire :
http://cid-f608bd3962fe674d.skydriv...
Depuis j'ai un peu travaillé ;), et même si mes conclusions resteraient globalement les mêmes , ma petite expérience m'incite à relativiser l'imminence d'un tel mouvement. L'informatique de gestion traite d'informations qui sont produite, transmise et gérée essentiellement par et pour des humains et ce facteur me semble limiter pour encore un bon bout de temps la transformation des développeurs en simple exécutant sans initiative ni implication.
Par exemple, si dans mon mémoire j'évoquais déjà les softwares factories indiennes, la multiplication de ce phénomène à l'échelle mondiale me semble désormais encore assez lointaine (surtout depuis que je travaille chez un petit éditeur de logiciel qui est à des années lumières de l'industrialisation des process de dev). Pour moi il va rester encore longtemps un décalage entre les développeurs des gros projets et des petits (que ce soit chez un éditeur, dans une SSII ou dans un SI d'entreprise) et la grande majorité restera encore lgtps du coté de "l'artisanat".
J'aimerais ajouter beaucoup d'autres choses mais bon le mémoire les contient pour la plupart ;) même si elle demanderait surement à être affinée ou mise à jour, les idées y sont... Et je serais ravi d'en discuter pour ceux qui voudrait y apporter une critique constructive.